Yunohost ou la non-administration de son serveur

l’explicite de la campagne dégoogliser internet de Framasoft

Voulant rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieux, je me demandais si —dans mon premier vrais article— je devais d’abord parler d’ #ActivityPub, le protocole du W3C utiliser pour fédérer le fédivers ou de #Yunohost l’excellente distribution linux qui permet de s’autohéberger facilement. Dur dilemme ! Auquel je n’ai pas de réponse puisque j’aborderais les deux aujourd’hui.


Enfait, les deux s’inscrivent dans la démarche passée de dégoogliser internet ; la campagne qu’avait lancé #Framasoft de 2014 à 2017, et il est d’ailleurs étonnant que Yunohost ne se soit d’ailleurs pas rapproché de Framasoft. La campagne dégooglisont parlait de google, mais plus largement des #GAFAM . Le constat était simple : dans un web, décentralisé par nature, quelques gros acteur, Google, Facebook, Amazon, Apple, Microsoft pour ne citer qu’eux, mais aussi leur équivalent chinois, avaient finalement concentré une bonne partie du web.


Il était fini le temps des blog perso, fini le temps de chercher notre site web préféré pour voir des chats qui pète, il suffisait de s’exprimer sur Facebook ou de cherche sur youtube ; quelques acteurs avaient concentré la majorité des usages d’internet.


Si cela semblait de prime abord faciliter la vie des internautes ; après tout, c’est quand même plus simple d’avoir tout à un seul endroit, non ? —quand je cherche un mot, je regarde dans le dictionnaire.


Le problème est pourtant vite apparu : quand il n’y a qu’un seul dictionnaire, il contrôle le sens des mots qui y sont inscrit. Et finalement, les GAFAM avaient un pouvoir de censure énorme, et s’en servaient pour imposer peu à peu leur vision (étasunienne, capitalise) à l’ensemble de la planète d’une façon autrement plus rapide et efficace que ce qui était fait jusqu’à présent.


L’autre problème, plus grand encore ! n’était au début pas visible. Il s’agissait des données, l’or invisible de ce siècle. En effet, grâce à la quantité importante de donnée emmagasinée par ces acteurs, ils avaient mis au point des méthodes statistique afin d’arriver à prédire nos goût.  Ce faisant, ils arrivèrent à piéger les utilisateurs dans des bulles d’opinions, de conforts, nous poussant à donner toujours plus de notre temps (de cerveau) à leurs algorithmes. Le big data était né, et avec lui, le machine learning, proposant des algorithmes toujours plus efficaces.  


Si le sujet de l’IA vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de dépenser un peu de temps de cerveau devant l’excellente série sur le sujet de Lê Nguyen


Plus subtil encore ! ces algorithme se révélèrent capable d’imposer des points de vus, des opinions au point que Zuckerberg songe à se présenter aux élections étasuniennes.


La réaction de framasoft fût donc naturellement de proposer des alternatives (#libres) aux GAFAM afin de réduire notre dépendance et de disséminer l’émission inévitable de nos données à plusieurs acteurs rendant le machine learning plus difficile à implémenter.


Ils développèrent par exemple une alternative à YouTube nommée PeerTube, qui avait le bon goût de proposer deux innovations radicales :


•    Tout d’abord l’utilisation de webTorrent afin de répartir la charge de débit des vidéos populaires. WebTorrent, c’est la version W3C du protocole bit-torrent de partage de pair-à-pair directement depuis le navigateur. Ainsi, lorsque quelqu’un visionne une vidéo, il l’envoi simultanément aux autres qui peuvent en profiter en sollicitant moins le serveur hébergeant PeerTube


•    L’implémentation d’ActivityPub afin de fédérer les instances. Nous y voilà enfin, après 569 activitypub montre le bout de son nez. L’idée est très simple. Puisqu’il ne faut recréer un Youtube-like centralisé, créons un logiciel qui puisse être déployé une infinité de fois sur différent serveur. Chaque  serveur aurait ses propres règles et conditions d’upload pour le contenu, et serait en mesure de communiquer avec les autres serveurs afin de proposer un catalogue vidéo dépassant largement le siens.


ActivityPub est une brique essentielle de cette fédération puisqu’elle permet, à l’instar des courriels qui peuvent être envoyés/reçus, même lorsque les serveurs sont différent, de faire communiquer des serveurs distinct. Chaque utilisateur à une boite au lettre ou peut être envoyé un message (un texte au format json si je ne me trompe pas), de n’importe quel serveurs. Les serveurs aillant déjà communiqués ensemble s’échangent des informations de façon continue afin d’envoyer/recevoir du contenue distant. C’est ce qui à été implémenté dans PeerTube, mais aussi Mastodon, le tweeter libre où chaque instance peut communiquer avec les autres et, plus récemment, avec pixelfed, un Instagram libre dont j’ai d’ailleurs un instance sur le serveur.


Ayant ouvert une panoplie de service sur leur site, framasoft pris peur de ne pas être capable de gérer la masse d’utilisateur et de créer un nouveau point unique de centralisation. Pure spéculation de ma part, je ne les connais pas et ils ne m’ont rien dit.


Ils proposèrent alors l’initiative des CHATONS , un Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, espérant que d’autre prendrait le soin de créer leur lot de services, de le monétiser et ainsi pouvoir lutter efficacement contre les GAFAMs.


Je ne sais pas si la mayonnaise a pris, n’étant pas intéressé par le sujet, mais je n’y crois pas pour plusieurs raisons


  • hormis le nom minon, pourquoi aurais-je d’avantage confiance en un CHATOS plutôt qu’en le GAFAM pour gérer mes données (sensibles)?


  • les gens ne sont pas encore prêt à payer pour un service qui est proposé gratuitement chez les GAFAM et pour lequel, même avant leur arrivée, ils n’ont jamais payé (courriel, streaming, réseau social, etc.). Se pose alors la question du business model et de la pérennité financière de ces structures.


  • tout à une durée de vie dans ce monde et si un GAFAM ne va probablement pas mourir demain, quid des CHATONS. La question subsidiaire est de savoir s’il existe des mécanismes d’export/import de donnée dans ces logiciels libres proposé par les CHATONS les hébergeant.



Je pense qu’ils ont eu tort, et cela n’engage que moi, car il existe une solution pour mettre ses données chez soi, facilement, j’ai nommée Yunohost.


Yunohost c’est une distribution linux qui s’installe ou se superpose sur une debian  et qui permet à n’importe qui un tantinet curieux de pouvoir avoir son serveur perso. Exit l’administration classique du serveur, exit la gestion des BDD, par besoin de se prendre la tête avec iptable et autre, il suffit de prendre un nom de domaine, un serveur chez soi ou chez un hébergeur quelconque, et en quelques clics, une multitude d’applications sont installable via une interface web.


Si autant d’argent et d’énergie avait été mis dans le projet yunohost plutôt que dans les initiatives des CHATONS, nous aurions probablement un catalogue encore plus fourni qu’aujourd’hui et des améliorations significative !


Yunohost est donc un très beau projet, un Project qui permets de garder ses données chez soi et s’affranchir donc des barrières  de la confiance et (en parti) de la pérennité. Tout n’est pas parfait bien sûr. Il n’est pas aujourd’hui possible de faire du load ballance et donc les instances sont vouées à être petites ce qui n’est pas forcément la solution la plus écologique, mais je ne doute pas que le projet continue de s’améliorer au fils du temps.


J‘avais pour habitude d’administrer mon serveur à la main, mais la gestion devenait de plus en plus pénible, de plus en plus chronophage, la technologie avançant très vite. Yunohost, c’est la solution du novice, celle qui soustraite la sécurité à un petit groupe de dev ; c’est d’ailleurs probablement plus sûr que de la mettre soi-même en place quand on n’est pas du métier.